Le calendrier ne ment pas : à 25, 45 puis 65 ans, le vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche revient frapper à la porte, rappel inévitable sous peine d’effacer la protection laborieusement acquise dans l’enfance. En France, passé 65 ans, la vaccination contre la grippe saisonnière est prise en charge chaque année, mais ce privilège ne s’arrête pas à la question de l’âge : certaines pathologies ou professions ouvrent aussi droit à la recommandation. Et la rougeole ? Pour tout adulte né après 1980, l’absence de preuve de deux doses la rend incontournable. Certaines professions, notamment le secteur médical, imposent leurs propres règles, tout comme un projet de voyage à l’étranger peut chambouler le schéma habituel.
La vaccination à l’âge adulte : enjeux et réalités en France
En France, la vaccination des adultes s’organise autour d’un cadre réglementaire solide, orchestré par le ministère de la santé, la haute autorité de santé (HAS) et la commission technique des vaccinations. Chaque année, le calendrier vaccinal est publié, intégrant les nouvelles menaces, les avancées de la recherche et la réalité des épidémies. Celui de 2025 amorce un virage, avec de nouvelles obligations chez les nourrissons, mais il impacte aussi les adultes, notamment les professionnels de santé et les adultes considérés à risque.
Le schéma vaccinal adulte ne se contente pas d’une logique « une taille pour tous ». La vaccination contre la grippe vise avant tout les plus de 65 ans, mais aussi toute personne fragilisée par une maladie chronique ou exposée par son métier. Pour les professionnels de santé, les recommandations se renforcent, que ce soit concernant la coqueluche ou la rougeole, afin de limiter les transmissions dans les hôpitaux. Par ailleurs, le rattrapage vaccinal est une priorité pour les adultes nés après 1980, souvent mal protégés contre la rougeole, les oreillons ou la rubéole.
Certains contextes exigent une attention particulière : séjour en zone à risque, épidémie en cours ou pathologies associées. Des recommandations, portées par le haut conseil de la santé publique (HCSP), s’appliquent pour la dengue dans les départements d’outre-mer ou pour la vaccination contre le VRS chez la femme enceinte. Le calendrier vaccinal évolue sans cesse, outil vivant au service de la protection collective et individuelle.
Voici les points clés à ne pas négliger pour rester aligné avec les recommandations actuelles :
- Respectez les échéances du calendrier vaccinal défini par les autorités sanitaires.
- Considérez les recommandations spécifiques si vous voyagez ou présentez une immunodépression.
- Demandez à votre médecin si un rappel ou un rattrapage est nécessaire selon votre profil.
Quels vaccins sont obligatoires ou recommandés pour les adultes ?
Le calendrier vaccinal français distingue nettement les vaccins obligatoires des vaccins recommandés une fois l’âge adulte atteint. La liste des obligations se résume à trois vaccins : diphtérie, tétanos et poliomyélite. Ces rappels, attendus à 25, 45 et 65 ans, puis tous les dix ans, sont incontournables pour garantir une immunité durable, conformément aux directives du ministère de la santé.
Les autres vaccinations reposent sur une logique de recommandation : état de santé, âge, profession ou projets de voyage déterminent la marche à suivre. Un exemple concret : la coqueluche, qui réclame un rappel unique chez l’adulte en contact avec des nourrissons ou chez les professionnels de santé. Le vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR) est à envisager en rattrapage pour toute personne née après 1980 n’ayant pas reçu deux doses. Quant aux méningocoques ACWY et B, leur obligation pédiatrique se double d’une recommandation de rattrapage pour les adolescents et jeunes adultes.
Pour mieux s’y retrouver, voici un aperçu des recommandations courantes chez l’adulte :
- Grippe saisonnière : chaque automne, prioritairement pour les seniors et les personnes à risque.
- Hépatite B : recommandée chez les soignants et toute personne exposée à un risque accru.
- Papillomavirus : en rattrapage chez les jeunes adultes non vaccinés à l’adolescence.
- Covid-19 : rappel conseillé pour les personnes âgées, immunodéprimées ou à risque.
La vaccination contre la dengue s’adresse maintenant à certains résidents d’outre-mer. Les voyageurs, eux, doivent parfois composer avec des exigences supplémentaires selon la destination : fièvre jaune, typhoïde, hépatite A, encéphalite à tique ou japonaise, la liste s’allonge au gré des risques locaux. Enfin, chez les immunodéprimés et les femmes enceintes, la prudence s’impose : les vaccins vivants atténués leur sont formellement déconseillés, vérification indispensable avant toute injection.
Calendrier vaccinal : comprendre les rappels et les échéances clés
Mis à jour chaque année par la Haute Autorité de Santé et le ministère de la santé, le calendrier vaccinal français ajuste, parfois subtilement, parfois radicalement, les intervalles et les cibles prioritaires. Les rappels balisent le parcours de l’adulte pour maintenir une barrière efficace contre les maladies infectieuses.
Pour le rappel diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTP), la règle est simple : 25, 45, 65 ans, puis tous les dix ans. La coqueluche appelle un rappel unique à l’âge adulte, particulièrement pour les futurs parents ou l’entourage d’un nouveau-né. La vaccination contre la grippe saisonnière, elle, revient tous les automnes, ciblant d’abord les plus de 65 ans et les personnes atteintes de maladies chroniques. Le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) peut être proposé en rattrapage jusqu’à 19 ans, et, dans certains cas, jusqu’à 26 ans pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.
Selon l’exposition professionnelle ou les projets de voyage, d’autres échéances s’imposent. Les professionnels de santé suivent des rappels supplémentaires (coqueluche, hépatite B, ROR en cas de statut incomplet). Les voyageurs, de leur côté, doivent se conformer à des schémas adaptés aux risques spécifiques de leur destination.
Une vigilance particulière s’impose pour les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes et ceux présentant des comorbidités : leur calendrier peut différer du schéma standard. Les nouvelles recommandations, comme la vaccination contre le virus respiratoire syncytial ou la dengue dans certains territoires, prouvent une chose : le calendrier vaccinal ne cesse de s’adapter aux évolutions épidémiologiques.
Conseils pratiques pour rester à jour et bien se faire vacciner
Mettre à jour son calendrier vaccinal n’est pas un automatisme. Pourtant, les rappels s’inscrivent dans le fil de la vie adulte : DTP à des âges clés, vaccination antigrippale chaque automne au-delà de 65 ans ou en cas de maladie chronique. Les professionnels de santé, eux, suivent des recommandations spécifiques, avec notamment le rappel coqueluche et la vaccination contre l’hépatite B.
Pour simplifier la démarche, médecins généralistes, pharmaciens et infirmiers libéraux disposent de la liste actualisée des vaccins obligatoires et recommandés. N’hésitez pas à les solliciter lors d’une consultation ou d’un renouvellement d’ordonnance. Le carnet de vaccination, qu’il soit papier ou numérique, reste un outil précieux pour visualiser d’un coup d’œil les doses déjà reçues et celles à anticiper.
Quelques repères pour ne rien oublier lors de votre parcours vaccinal :
- Pour la grippe : dès l’automne, demandez le vaccin (VAXIGRIP, Efluelda, Fluad) en pharmacie.
- Pour le pneumocoque, le choix du vaccin (Prevenar-20 ou CAPVAXIVE) dépend de l’âge et de la présence éventuelle de comorbidités.
- En cas de voyage, une consultation spécialisée permet de vérifier la couverture contre la fièvre jaune (STAMARIL), la typhoïde (TYPHIM VI), ou l’encéphalite japonaise (IXIARO).
Pour les personnes à risque, certaines vaccinations s’ajoutent : coqueluche, VRS avec Abrysvo ou Arexvy, dengue (Qdenga) dans les territoires ultramarins, ou Mpox (Imvanex, Jynneos) en cas d’épidémie. En cas de doute, demandez un avis personnalisé : chaque situation est unique, et la stratégie vaccinale doit s’ajuster à votre histoire et à votre environnement.
La vaccination adulte, ce n’est pas seulement une affaire d’obligation ou de recommandation : c’est le choix d’une vigilance durable, le fil invisible qui relie prévention individuelle et sécurité collective. Le calendrier s’ajuste, mais la protection, elle, ne prend jamais de vacances.


